Dragon Age : Origins par John KELLY

Devenez un Gardien de l’Ombre.

Ces derniers mois ont été une bénédiction pour les amateurs de jeux de rôles informatiques. L’excellent  Risen et le surprenant Divinity 2 nous ont tenus des heures durant devant notre écran, nous faisant parfois oublier les nécessités basiques de l’être humain : manger, dormir ou communiquer avec d’autres personnes. Cependant, il est indéniable que PC4WAR doit se concentrer sur l’aspect tactique ou stratégique des jeux, et de la tactique, il vous en faudra pour mener à bien les dizaines de  quêtes proposées dans Dragon Age : Origins (DaO). Le point sur un jeu riche en surprises.

 

Un personnage sur mesure.  

Après une très jolie cinématique d’introduction, vous devez déterminer quel personnage incarner parmi 3 races (Nain, Humain et Elfe), puis quelle caste (Noble ou Roturier, Citadin ou Campagnard) et quelle classe de métier exercer (Guerrier, Mage ou Filou).  De ces choix dépendent vos compétences de base (sorts, fabrication de pièges ou de potions, capacité à combattre avec certaines armes…) et le nombre de points de départ attribués aux différentes caractéristiques physiques ou mentales de votre avatar (Force, Dextérité, Volonté, Magie, Constitution et ruse. Pas d’alignement comme dans Neverwinter Nights ou Baldur’s Gate car pas de licence AD&D (Donjons et Dragons) pour DaO ! Vous choisissez également votre sexe et vos attributs physiques. L’éditeur d’apparence est très détaillé au point qu’il rappellerait celui des Sims 3 à notre rédac’ chef bien aimé ! Couleur des yeux et de la peau, position du nez, taille de la bouche et des oreilles ou style de coiffure sont au rendez-vous et vous pouvez même personnaliser la vignette représentant le portrait de votre personnage. Une fois votre double créé, il est temps de plonger au cœur de l’aventure…

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La création du personnage permat de lâcher toute sa créativité.

Si Ferelden m’était conté.

L’action de Dragon Age : Origins prend place dans le monde de Thedas, et plus particulièrement au royaume de Ferelden. La dernière invasion de Darkspawns (les Engeances), créatures féroces déformées par la corruption du sang, fut stoppées il y a 400 ans lorsque des représentants de toutes les races s’allièrent et découvrirent un pouvoir spécial utilisé pour vaincre le Blight (L’Enclin), ainsi fut créé l’ordre des Grey Wardens (les Gardiens de l’Ombre). Lorsque l’aventure commence, Ferelden est gouverné par le jeune Roi Cailan et se remet d’une guerre contre ses voisins d’Orlais (au fort accent français), le royaume Nain D’Orzamar souffre de luttes intestines entre castes et les Elfes sont traités en parias, regroupés dans des ghettos ou se cachant dans les forêts du sud est. Le choix de votre race et de vos origines (d’où le titre de ce volet) déterminera les circonstances de votre rencontre avec le mystérieux Duncan, leader des Grey Wardens… Sans trop en dire, votre mission sera de rallier les différentes factions du royaume pour combattre la horde de Darkspawn à la tête de laquelle un archi-démon a décidé de ravager Ferelden. Bien entendu la plupart de ces précieux alliés n’ira pas se battre sans que vous ayez fait vos preuves, rempli leurs sales besognes ou restauré l’ordre dans leur contrée.

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Comme tous ceux de son espèce, ce Darkspawn n'a pas une tête de porte-bonheur !

En avant compagnons !

Vous êtes rarement seul lors de vos pérégrinations, et de nombreux personnages sont susceptibles de rejoindre votre groupe, puis votre campement. De l’assassin Dalish au Nain alcoolique ou au chien de combat Mabari, vous devez choisir avec soin les 3 partenaires qui vous accompagnent à chaque sortie de votre camp. Un mage semble obligatoire tant leurs pouvoirs sont puissants, un filou est souvent capable d’ouvrir portes et coffres verrouillés et un guerrier apporte une dose de finesse au groupe en tapant dans le tas ! L’alchimie entre les personnages est bien rendue et des caractères opposés auront vite fait de s’envoyer des vannes. De même, il se peut que ceux-ci interviennent lors de conversations avec des pnj (personnages non joueurs) pour donner leur avis ou pour apporter des informations. Il est donc judicieux d’emmener avec vous les personnages que vous pensez importants pour une quête donnée. Mais rassurez-vous, si certains héros semblent plus indispensables que les autres,  les membres du groupe restant au camp prennent quand même de l’expérience et passent leurs niveaux au même rythme que vous. Lors de ces passages de niveaux, vous pouvez leur allouer des points de caractéristiques et de nouvelles compétences.

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Après les combats, les visages sont marqués.

Liberté, mais pas trop…

Contrairement à la série des Elder Scroll ou à Risen, DaO vous épargne de longs voyages par monts et par vaux. Il vous suffit de sélectionner votre destination sur la carte de Ferelden pour que le trajet soit calculé et apparaisse sous la forme d’une trainée sanglante. Il arrive parfois qu’un événement vienne interrompre le voyage, soit pour coller au scénario, soit tout simplement pour vous tendre une belle embuscade ! Dans tous les cas, pas de question à se poser pour trouver son chemin, que ce soit sur la carte du monde ou en parcourant les niveaux intérieurs ou extérieurs, la plupart des voies sont tracées et même avec un sens de l’orientation aussi peu développé que celui de notre ami Harvester il est impossible de se perdre. On pourrait regretter cette forme de dirigisme imposé par les développeurs, mais à part des épisodes en plein air (les marais du début du jeu et la forêt des Dalish, les elfes « sauvages ») plutôt moyens, l’exploration des ruines, grottes et autres manoirs est un réel plaisir tant tout est détaillé.

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La carte du monde s'étoffera en lieux visitables au fur et à mesure de votre avancée dans l'histoire.

Gentil ou méchant Gardien ?

DaO est un jeu riche dans lequel vos actions déterminent en partie le cours de l’histoire, mais si le choix vous est donné de pouvoir jouer un anti-héro cynique et violent, il faut avouer que tuer systématiquement tout ce qui se dresse en travers de votre chemin et parler aux gens comme à des chiens, même si cela peut être jouissif, vous prive de certaines quêtes annexes intéressantes et pousse la plupart de vos compagnons à vous mépriser, à vous quitter ou même à se retourner contre vous ! Vos actions engendrent toujours un bouleversement dans les quêtes et pour endiguer le Blight  mieux vaut se faire le plus d’alliés possible.

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Loghain (à gauche) sera un ennemi puis un allié puissant selon vos choix.

J’aime me battre !

Malgré les intrigues politiques et les nombreux dialogues émaillant l’histoire, le combat compose la partie principale de DaO. Et il faut avouer que Bioware nous démontre une fois de plus sa maîtrise du sujet. En difficulté normale, les combats sont parfois déjà bien ardus, obligeant à user, voire abuser, de la pause (touche espace) pour y voir clair dans la mêlée et planifier les actions suivantes. Heureusement, un module tactique est accessible dans lequel vous pouvez définir le comportement des membres de votre équipe en fonction des évènements, de l’état des amis et des ennemis (aller protéger un partenaire blessé, lancer un sort de soin ou boire une potion si la vie est sous les 50%, attaquer les adversaires utilisant des sorts etc.). Le système se décompose en emplacements  tactiques en nombre restreint, ceux-ci augmentant lors du passage de niveaux ou lors de l’attribution de certaines compétences. Il vous est alors possible de choisir les actions effectuées en fonction des paramètres choisis. Il existe également des comportements prédéfinis (attaque, passif, défense, attaque à distance…) déterminant l’orientation générale des combattants. Ces emplacements tactiques sont également très utiles pour les mages si vous rechignez à faire du micro-management lors des combats, vous pouvez déterminer dans quel cas lancer tel sort et quand boire une potion  pour refaire le plein de mana.

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Un personnage débutant, 30 DLC, ou comment se faciliter la vie avec des objets surpuissants...

Il n’y a bien entendu aucune obligation de se servir des emplacements tactiques, et si votre plaisir est de gérer chaque personnage de votre équipe durant les combats, rien ne vous en empêche. Ainsi vous pouvez déclencher une avalanche de sorts ou une pluie de flèches à bonne distance de l’ennemi pendant que vos gros Bills vont au contact. Il faut cependant veiller à ne pas se faire déborder si on veut conserver ses mages en état de combattre, et face aux hordes de Darkspawns et autres bandits cela n’est pas toujours aisé. La perte d’un seul membre de la bande peut s’avérer problématique, mais celle de deux ou trois sur les quatre est carrément catastrophique ! Car si la perte de la totalité de barre de vie ne signifie pas la mort d’un personnage (intéressant comme concept !), il se relève après la bataille affublé d’une blessure occasionnant des malus divers (trauma crânien, perte d’un œil etc.), heureusement ces blessures disparaissent lors de l’absorption de potions ou d’un passage au campement. La puissance et le nombre des ennemis s’adaptent en partie en rapport avec votre niveau d’expérience, ainsi il est possible de voir au premier coup d’œil la ténacité d’une créature (couleur du nom allant du blanc au rouge), les « boss »nécessitant toute votre attention pour être vaincus. Mais si dans Oblivion cette adaptabilité frisait le ridicule, ici tout passe inaperçu et on a ainsi pas l’impression que le jeu devient plus facile ou plus difficile.

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Parfois vos ennemis perdent la tête.

Parental advisory, explicit content.

Comme indiqué sur la boite de jeu, la vente de DaO est interdite aux moins de 18 ans. En effet, Ferelden n’est pas le monde des Teletubbies et lorsqu’un combat a lieu, ça tourne vite au bain de sang (au sens propre comme au figuré). Certaines animations de mise à mort donnent lieu à des décapitations, des éventrations, des empalements et autres gerbes de sang aspergeant vos jolies armures toutes neuves, sans compter le sort « human bomb » qui fait exploser vos adversaires en une jolie bouillie rougeoyante ! Côté dialogues également, certaines lignes sont carrément orientées sexuellement, certains de vos personnages n’hésitant pas à faire des allusions salaces et de la drague bien lourde lors de vos explorations « donjonesques ».

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Certains coup de grace donnent lieu à de petites animations.

Il vous sera même possible d’avoir des relations charnelles à plusieurs reprises, parfois justifiées, parfois juste pour le fun (nous vous conseillons de tester l’option « surprenez-moi » à la maison close de Denerim) un peu comme dans le regretté Fallout. Bien entendu Bioware ne tombe jamais dans la pornographie de bas étage ni au racolage grossier, tout est fait avec humour. Tout cela pour dire que si Papa ou Maman se fait prier par Kevin, 12 ans, d’acheter DaO, il serait de bon ton de réfléchir à deux fois, cela pourrait éviter un énième procès contre les jeux vidéo parce que votre petite tête blonde a tenté de décapiter sa sœurette avec un couteau à beurre en criant « Youpi, je suis le garde des ombres » !

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Faites l'amour, pas la guerre.

C’est beau, c’est bien, c’est Bioware !

Pas de parti pris mais juste une constatation : Bioware SAIT faire des jeux (Star Wars Kotor 1 et 2, Mass Effect, Baldur’s Gate etc.) ! Les textures sont fines et adaptées, nous plongeant dans un univers sombre parsemé d’anciennes ruines, vestiges du temps passé. Les effets de lumière et de particules sont magnifiques, avec une mention spéciale pour les sorts générant une pléthore d’effets très convaincants. Les personnages sont superbement détaillés et les expressions des visages couplées à la synchronisation labiale font merveille lors des dialogues. Les détails des armes et des armures sont tout bonnement superbes, chaque race ou faction ayant son style particulier, ajoutant à l’immersion générale.

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Les extérieurs sont jolis mais parfois répétitifs.

Les différentes cinématiques utilisent le moteur du jeu, et à part un léger effet de flou dû au format .bik, elles sont largement supérieures à ce qui se fait chez la concurrence. Les temps de chargement sont corrects et cerise sur le gâteau, tout cela tourne sans encombre sur une machine modeste, et avec une bonne carte graphique vous pouvez vous permettre de jouer avec tous les détails à fond sur un moniteur 22 pouces. L’interface est bien pensée et intuitive sans se montrer envahissante : une barre de lancement rapide dans la partie inférieure, une mini carte dans le coin supérieur droit, les portraits de votre équipe dans le coin supérieur gauche, l’accès aux caractéristiques et autres menus en haut et c’est tout. Spéciale dédicace aux possesseurs de Logitech G15, Les informations concernant votre personnage sont affichées sur l’écran lcd du clavier, inutile donc indispensable ! Seul bémol, le manuel est un peu fin et il faudra vous appuyer sur le Codex se mettant à jour en cours de jeu pour apprendre à maîtriser complètement le jeu.

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Le Codex, guide indispensable regroupant toutes les informations glanées au fil de vos aventures.

De la VO à la VF.

Avouons-le, la plupart des jeux bénéficient d’une localisation plus que moyenne, faisant parfois perdre à un bon titre toute son âme et son ambiance. Parce qu’à PC4WAR, les jeux vidéos c’est notre passion, nous avons terminé le jeu en VO, puis passé une vingtaine d’heures sur la VF histoire de pouvoir comparer. Le bilan est plutôt bon comme d’habitude sur les titres de Bioware. Les dialogues restent fidèles aux originaux et à part quelques personnages sonnant faux (Un Nain péteur assez ridicule et un Sorcier sénile par exemple) l’ambiance est assez bien rendue. Seules les animations labiales semblent moins « naturelles » en français qu’en anglais, mais rien de bien méchant et nous aurions préféré que certains thermes (Darkspawn, Blight, Grey Warden) aient été conservé tels quels plutôt que traduits approximativement. Si vous maîtrisez la langue de Shakespeare et qu’un peu de lecture ne vous fait pas peur, préférez la VO. Si vous avez peur de manquer quelques subtilités dans les dialogues ou que vous êtes anglophobe, la question ne se pose pas.  

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DaO ne fait pas l'impasse sur les "achievements", inutiles mais qui permettent de se vanter auprès de ses amis.

Du DLC à la pelle…

Le contenu téléchargeable (DLC) aura été la grande mode en 2009. De plus en plus d’éditeurs trouvent là un bon moyen de se faire de l’argent facile et Electronic Arts est l’un des grands spécialistes. On peut se poser la question de l’utilité de fournir deux codes dans la boite de jeu (quête pour trouver Shale le golem et l’armure du Dragon pour DaO et le futur Mass Effect 2 !) au lieu d’inclure directement les objets et quêtes dans la version de base… Idem pour les DLC payants ajoutant des lieux à visiter ou des objets surpuissants dès le début du jeu, gâchant tout le plaisir du loot (recherche de trésors dans les coffres ou sur les ennemis morts) et du dialogue avec les nombreux marchands parsemant Ferelden... Bref, si les nouvelles quêtes ajoutent un peu de sel à l’aventure, nous vous conseillons de vous passer des objets annexes, au moins durant le premier tiers du jeu ou alors servez-vous en pour gagner un peu d’or.

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Bien entendu, vous avez accès à votre tableau de chasse et à vos statistiques.

Un bon investissement ?

Vous l’aurez compris il y a plein de choses à dire sur DaO mais la place manque, alors si vous êtes fans de jeux de rôle, de bonnes histoires et de combats tactiques à souhait, Dragon Age : Origins est fait pour vous. Il  faut compter une bonne soixantaine d’heures de jeu en prenant son temps et en menant à bien la plupart des quêtes secondaires, et même là, vous n’aurez sans doute parcouru que 90% du monde de Ferelden ! Les six débuts différents et les multiples façons d’aborder la trame du jeu assurent une rejouabilité non négligeable, et le titre étant disponible sur certains sites pour environs 20€, il serait dommage de passer à côté. Il est fort à parier qu’une extension (une vraie) sorte très vite pour étendre encore l’univers de jeu, alors enfilez vos armures, fourbissez vos épées et en avant pour l’aventure !

NOTE : 9/10

Qualités :

-Durée de vie.

-Histoire prenante et mature.

-Les combats.

-Magnifique et pas trop gourmand.

-Les interactions entre les personnages.

-Difficulté bien dosée.

Défauts :

-Les extérieurs un peu en dessous graphiquement.

-Les DLC.

-Histoire moins intéressante lorsqu’on joue un méchant.

Configuration minimale :

-Windows XP/Vista/Win7.

-Processeur 1.6 GhZ pour XP, 1.8 GhZ pour Vista/Win7.

-Carte graphique compatible directx9c avec 256 Mo de ram.

-2 Go de RAM.

-20 Go d’espace disque.

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La vue la plus éloignée n'est pas forcément la meilleure.