TEST

Tom Clancy’s EndWar par John Kelly

Développeur : UbiSoft Shangaï

Editeur : UbiSoft

Genre : stratégie temps réel

 

Après les décevants Rainbow Six Vegas, les insipides Ghost Recon Advanced Warfighter et le jeu d’arcade aérien simpliste H.a.w.x.  UbiSoft continue dans l’exploitation de la licence Tom Clancy et le casual gaming (le jeu pour tous, simplifié à l’extrême) avec un STR développé à l’origine pour consoles qui débarque à grand renfort de publicité sur nos machines.

C’est la crise…

Une fois encore, la très exploitée crise de l’énergie est prétexte à un jeu de pouvoir entre les grandes puissances  qui en 2020 ne sont plus que trois : Les Etats-Unis d’Amérique, la Fédération d’Europe et la Russie. Suite à une vitrification prématurée de l’Arabie-Saoudite à coups de missiles nucléaires en 2016, un bouclier anti-missile a été déployé dans l’espace par les USA et la FE, celui-ci étant contrôlé par des tours de liaison placées sur Terre. La Russie détenant le monopole des ressources pétrolières, elle en profite pour se réarmer massivement histoire de protéger ses biens. La situation est donc  relativement tendue lorsqu’un nouvel adversaire fait son entrée dans le monde merveilleux des conflits armés. Ces « terroristes », tels qu’ils sont définis dans le jeu, se sont baptisés « l’Armée des Oubliés », un groupe de va-nu-pieds qui attaque les superpuissances sans distinction et réussit à se battre avec des chars lourds et des équipements high-tech dès le début des hostilités, plutôt louche comme histoire…

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C'est sur cette carte que vous ferez basculer l'avenir du monde.

Sales pauvres !

Une chose est certaine, les scénaristes se sont appliqués à bien nous servir tous les clichés habituels ! Américains surpuissants et arrogants, Européens contestataires et Russes plutôt fourbes, sans oublier nos fameux « terroristes »  de l’Armée des Oubliés, des soi-disant représentants des nations « opprimées » qui se battent pour ne pas avoir à mourir de maladie ou de faim (sic !). Une ligne fort bien lue par un doubleur précise même entre deux missions  : « si c’est tout ce que les peuples opprimés savent faire, qu’ils ne s’étonnent pas d’être opprimés » ! Avouez qu’il y a de quoi bondir…

Bref entre scénario navrant (je vous passe le rebondissement qu’on voit arriver à cent lieues concernant la faction « terroriste ») et dialogues barbants, on a tôt fait de passer directement aux missions sans écouter les ordres. Des cinématiques avec  de vrais acteurs ou une pointe d’humour, comme dans Red Alert,  aurait sans doute  atténué cette impression de vide cosmique scénaristique auquel  Tom Clancy associe (à l’insu de son plein gré ?) son nom.

 

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Il vous faudra choisir votre brigade soigneusement avant de partir au combat.

Bien tenté.

EndWar est un jeu au maniement on ne peut plus simple. Vous disposez à chaque début de mission d’une poignée de sections (blindés, génie, hélicoptères, artillerie etc…)  avec laquelle vous devrez remplir vos objectifs, pas de bâtiment à construire, d’unité à produire ou de ressources à moissonner, juste une gestion simplifiée de vos renforts grâce à des points de réserver à employer durant les missions. Si les objectifs sont plutôt variés  (il vous faudra tantôt attaquer/défendre, protéger un personnage, détruire un bâtiment etc…) on regrettera malgré tout que l’annihilation systématique de l’ennemi nous permette de terminer les missions, sans se soucier de l’objectif premier…

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La carte tactique accessible du PC mobile.Vous pouvez diriger vos hommes d'ici.

Une excellente idée cependant, à condition de ne pas avoir le pc dans le salon, est l’introduction d’un système de commande vocale pour donner vos ordres. Après une séquence de calibration durant laquelle vos nerfs pourront être mis à rude épreuve, il faut avouer que durant les premières missions on apprécie le système… lorsqu’il fonctionne. Chaque unité amie et ennemie est ainsi affublée d’un numéro, et chaque objectif d’une lettre que vous devrez  prononcer à la manière du code radio international (alpha, bravo etc…). Ainsi pour donner l’ordre à l’unité 1 d’attaquer l’unité 4 il vous suffira de dire « unité un, attaque unité quatre ». Parfois c’est l’unité trois qui partira attaquer, parfois rien ne se passera mais avec un peu d’entraînement vous devriez vous en sortir, d’autant qu’il n’y a rien à mémoriser. En effet, pour utiliser la commande vocale il vous suffit de laisser la touche espace (par défaut) enfoncée et un menu apparait à l’écran, listant les ordres disponibles et donnant au fur et à mesure les suites d’options possibles (cf capture d’écran). Si ce système de commande vocale est une bonne idée pour un jeu console (pas facile de manier les troupes au pad !), on se lasse vite de crier dans son micro devant le regard incrédule de ses proches pour passer rapidement à la réactivité de la souris !

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Certaines installations devront être protégées.

La guerre au ralenti.

Que vous décidiez de jouer en mode campagne, en escarmouche contre l’IA ou en multi-joueurs, le but sera pratiquement toujours le contrôle des tours de liaison. La capture de ces tours vous permettra d’y installer une optimisation parmi les 3 proposées (support aérien, support terrestre et guerre électronique permettant de désactiver les unités ennemies) afin de prendre l’ascendant sur l’ennemi. Les combats sont loin d’être intenses et la vitesse de déplacement des unités sur le champ de bataille est proche de zéro. Les fantassins semblent courir sur place et même les hélicoptères d’attaque ont l’air de traîner un poids incommensurable les empêchant de se rendre où on leur en donne l’ordre rapidement… Le système de combat lui-même est assez irritant, il vous faudra à tout prix opposer le bon type d’unité face à l’ennemi sous peine de ne faire que peu, voire aucun dégât. Ainsi, les transports seront inefficaces contre les chars mais seront la bête noire des aériens tandis que l’infanterie n’aura pratiquement rien à craindre des hélicos… L’interface est simple mais fonctionnelle et conviendra au débutant, qui ne sera pas noyé sous la masse des commandes. 

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L'écran d'amélioration de vos troupes vous permet également de voir leur expérience après chaque mission.

Une campagne sur mesure.

En solo l’intérêt principal du jeu reste les deux campagnes. Le prélude à la guerre est une sorte de tutorial qui vous permettra d’apprendre le maniement de l’interface au cours d’une dizaine de missions, puis vient la campagne « troisième guerre mondiale ». Après avoir choisi votre faction, vous pourrez choisir quelle mission effectuer par l’intermédiaire d’une mappemonde constellée d’hexagones représentant des régions. Vous devrez ensuite déterminer quelles troupes formeront votre colonne vertébrale selon le style de jeu que vous favorisez.  A la fin de chaque mission les crédits engrangés vous permettront d’acheter des améliorations pour vos unités (missiles guidés, combat urbain etc…) puis vous repartirez à l’assaut jusqu’à la victoire finale.

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Les missions de nuit offrent un joli spectacle !

Veni, Vidi,Vite fini…

Si on pourrait aisément pardonner une histoire bancale à un jeu techniquement irréprochable, EndWar est loin de s’en tirer à bon compte. Non pas que l’aspect visuel du titre soit médiocre, c’est tout au plus correct, mais la gestion de caméra, la lenteur des déplacements des troupes, le système de combat qui pousse le jeu « pierre-papier-ciseaux » à l’extrême et les modes de difficulté n’apportant rien d’intéressant (trop facile en mode normal, trop facile mais plus long en mode difficile) font que ce titre ne mérite malheureusement pas les 50 ou 55 Euros demandés en magasin ! Testé sur un pc équipé d’un processeur dual core, de 4 Go de RAM et d’une carte graphique équipée de 512 Mo de ram (GeForce 8800GT), le jeu est fluide en résolution maximale et avec tous les détails poussés à fond. Signalons enfin l’absence d’un système de protection rendant obligatoire la possession d’une connexion internet  (genre STEAM) ou l’installation de pilotes (STARFORCE), un bon point pour Ubi, ces systèmes dissuadant de plus en plus de personnes d’acheter certains produits !

Sans intérêt pour les vétérans du STR et pouvant s’avérer vite ennuyeux pour le débutant, EndWar est à peine sauvé par son module de reconnaissance vocale qui présente une alternative intéressante au maniement de la souris pour peu que l’on soit célibataire ou que l’ordinateur soit dans une pièce isolée du reste de la famille…

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Vous aurez l'occasion de combattre dans les rues de Paris.

NOTE : 4/10

Les + :

-Pas de système de protection rébarbatif pour les joueurs honnêtes.

-Euh…

-…aller, bonne idée des commandes vocales (si on vit seul !)

Les - :

-Histoire abracadabrante.

-Commandes vocales pas toujours réactives.

-Répétitif malgré la multitude d’objectifs.

-Absence de cinématiques de transition.

-Pas de Ding Chavez.

-Dialogues au dessous de tout.

-Lenteur des unités.

Configuration recommandée :

-Processeur double cœur.

-Carte graphique 512 Mo.

-2 Go de RAM.

-8 Go d’espace disque.

-Windows XP ou Vista.

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Les renforts arriveront par hélicoptère.

 

 


 


Endwar sur Nintendo DS

par John Kelly

 

Le background étant identique à la version PC testée dans ce numéro nous ne reviendrons pas dessus, mais les différences étant importantes entre ces deux déclinaisons il apparaît nécessaire de faire un test complet.

 

Endwar DS vous propulse au commandement d'une armée composées d'un nombre variable d'unités (en général une dizaine) avec lesquelles vous devez accomplir une mission  principale et des  missions secondaires optionnelles qui une fois accomplies vous rapportent des médailles. Le jeu se décompose en tours sur une carte divisée en hexagones, un tour de mouvement puis un tour de combat mais au lieu d'opter pour du tour par tour simultané, le développeur a choisi un décalage intéressant. En effet, lors de votre phase de déploiement, vous donnez vos ordres de mouvement à vos unités pendant que l'ennemi donne ses ordres de combat. Lors de la résolution du tour, les combats auront lieux en premier et si, et seulement si, il reste des survivants parmi vos hommes, les mouvements seront validés. Idem lorsque c'est à votre tour d'attaquer. Les mouvements ennemi sont visibles sur l'écran supérieur tandis que vous gérez bien évidemment vos forces grâce à l'écran tactile. La résolution des combats est animée par de petites vidéos représentant l'issue des affrontements.

 

Pour prendre l'avantage sur la faction adverse, vous devez absolument garder à l'esprit que l'union fait la force, il faut donc engager un maximum d'unités face à une seule formation ennemie pour que les bonus apportés par la prise en tenaille ne lui laisse aucune chance.Veillez à employer le bon type de troupes face à vos ennemis, les sous-marins et les missiles sol-air étant redoutables et pouvant tirer à distance, n'hésitez pas à harceler le camp adverse ! Enfin, l'expérience est également un facteur de victoire crucial lors des combats. Vos soldats gagnent de l'expérience pour chaque adversaire éliminé, gagnant ainsi un bonus non négligeable pour ses prochains combats. Si vous réussissez à préserver la capacité opérationnelle maximale de vos unités expérimentées la victoire est à vous.

 

Pour récupérer cette capacité ou enrôler de nouvelles troupes, vous devrez capturer les dépots présent sur la carte en envoyant de l'infanterie à l'intérieur et les protéger des troupes ennemies en en interdisant l'accès.

 

Tout cela peut sembler bien compliqué mais un tutorial très bien pensé divisé en trois parties, vous plonge progressivement dans le bain et  il est fortement conseillé de très vite assimiler les conseils prodigués sous peine de se retrouver en mauvaise posture lors de la campagne !

 

Après ce tutorial il est temps de passer aux choses sérieuses : la campagne. Vous avez le choix entre deux factions (USA et Fedération Européenne), chacune avec ses avantages et ses inconvénients. Vous êtes ensuite propulsé sur le terrain pour votre première mission. Un objectif principal vous est donc assigné, permettant de remporter la victoire. Parallèlement à cela vous pouvez remplir des objectifs secondaires (détruire une unité ennemie avant un certain tour, capturer un dépôt...). Vous pouvez parfois choisir parmi plusieurs missions disponibles, chacune d'entre elle vous faisant voyager sur une zone différente.

 

Au final, cette version de Endwar pour console portable est une bonne surprise, autant par son gameplay que par son ergonomie. Les plus anciens feront certainement le rapprochement avec Battle Isles, sorti sur PC il y a une quinzaine d'années et les plus jeunes pourront le comparer à Panzer Tactics (toujours sur DS) en un peu plus simple. Le challenge tactique est présent et la durée de vie (renforcée par un éditeur de carte) tant en solo qu'en multi-joueurs est plus qu' honorable.