24/10/2006

After Action Report-Les marais de Chilia-Veche :

Un scénario CMBB de R2 sur www.appui-feu.com

 Par Dingchavez, pour Appui-Feu, avec l’aimable autorisation de R2.

 Partie jouée en « play by E-mail » face à Fencig, d’Appui-Feu.

 

Ce scénario m’a tout de suite intéressé car il n’est pas commun de voir des affrontements entre Russes et Roumains et d’un point de vue tactique les conditions météo semblent intéressantes : une rencontre en plein brouillard incluant blindés et infanterie, voilà qui donne un peu de piquant à la partie ! De plus, ce scénario a été conçu par monsieur R2, ce qui me permet de présager un bon équilibre et une carte bien étudiée. Je décide de prendre la tête des troupes Russes en pleine progression sur le delta du Danube. Comme pour toute partie de Combat Mission, le briefing se compose en deux actes : un briefing général, dans lequel on nous expose la situation, et un briefing par camp, dans lequel les instructions à suivre et les ordres de batailles sont détaillés.

 

 

 

Briefing général :

Titre  : Les marais de Chilia-Veche

Type   : Combat de rencontre

Date   : 04 août 1944, aube

Lieu   : Marais de Chilia-veche, delta du Danube

Région : Sud

Météo  : brouillard léger

Tours  : 25+

Auteur : R2

 

 

En août 1944 l’Armée rouge est aux portes de la Roumanie. Les unités les plus au sud s’apprêtent à franchir le Danube.

La Roumanie tremble pour son sort. Avant la fin du mois, elle se rangera aux côtés de l’Union Soviétique. Mais pour l’heure, même si les défections se multiplient dans les rangs de l’armée, elle combat toujours au profit de l’Axe.

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Soldat russe affecté à une compagnie pénale

 

Si les désertions furent un grave problème au début de la guerre contre l’Allemagne, la situation, bien que s’étant améliorée, reste quelquefois préoccupante, surtout lors des grandes offensives lorsque l’ennemi résiste trop longtemps. En 1942, le NKVD sous la direction de Beria trouve une solution au problème en créant les bataillons pénaux. Ici furent regroupés les déserteurs, puis les soldats sujets de mesures disciplinaires, puis les soldats soupçonnés de dissidence, puis des personnes sur lesquelles pesaient ces soupçons, même si elles n’étaient pas des militaires.

Les cadres de ces unités sont des officiers ordinaires et une compagnie de gardes est affectée à la surveillance de ces soldats qui ne reçoivent des armes qu’au moment d’aller au combat. Pour ce travail déplaisant et quelquefois dangereux, les officiers et les gardes reçoivent une meilleure paye et une prime spéciale.

Les réprouvés de ces tristement célèbres unités se voyaient déchus de leur citoyenneté et on leur retirait jusqu’à leur nom. Ils portaient alors un numéro.

Tous les soldats des unités pénales savent qu’ils n’ont qu’une alternative : vaincre ou mourir. Ils furent envoyés au combat sans aucun soucis pour leur vie de façon inhumaine et furent même lancés à travers les champs de mines afin de baliser le terrain pour les troupes régulières. Ceux qui survivaient pouvaient voir leur peine allégée. D’autres, s’ils faisaient preuve d’un héroïsme incomparable, pouvaient de nouveau retourner dans une unité normale en guise de récompense.

Durant certaines attaques, nombre d’entre elles furent anéanties jusqu’au dernier homme…

Les pertes des unités pénales n’ont pas été intégrées dans les statistiques des pertes russes de la seconde guerre mondiale qui se monte à 20 millions de morts. En mai 1991, Gorbatchev avança le chiffre de 27 millions de morts. Ce nouveau bilan prenait en compte, entre autres, les pertes des unités pénales…

 

Face à ces hommes combattent les vétérans roumains de la 11e Division d’infanterie du général Edgar Radulescu. Cette unité s’est illustrée deux mois auparavant à Tirgu Frumos lors d’une brillante contre-attaque, repoussant une force soviétique bien supérieure numériquement. Son chef a reçu la Ritterkreuz pour cette action.

 

 

            Ca commence bien pour moi : je vais devoir me battre contre un adversaire aguerri et je ne dispose que de soldats démotivés encadrés par des tortionnaires !

 

Examinons les ordres :

 

Briefing soviétique :

 

Situation :

L’armée est arrivée aux portes de la Roumanie. Dans notre secteur, notre dernier obstacle est le Danube et son delta. Il ne doit pas être très défendu, mais il faut sonder le terrain avant d’engager le gros de nos forces sur ce terrain peu praticable.

 

Mission :

L’orage de cette nuit a interrompu votre infiltration. Certaines de vos unités se sont même égarées. Mais vous aviez tout prévu et l’ancienne tour de guet turque qui figure sur la carte était votre point de ralliement en cas de problème. Regroupez-y vos forces avant de reprendre votre progression vers l’ouest.

 

Renseignements :

Il a plu cette nuit et la chaleur de ce mois d’août fait qu’une brume légère recouvre tout le secteur.

L’ennemi est peut-être dans le secteur. C’est à vous de nous le dire et c’est la raison de votre mission. S’il est présent, nous n’avons aucune idée de sa force ou sa composition.

D'après le GQG est très peu probable que l'ennemi ait établi une ligne de défense dans un pareil endroit, nous pensons néanmoins que quelques unités de surveillance doivent rôder dans le secteur.

 

Forces :

L’unité sous vos ordres est la 1ere compagnie de reconnaissance du IVe Bataillon pénal. C’est la lie de notre société et les considérations de préservation de vos troupes seraient déplacées. Seule compte votre mission, quel qu’en soit le prix.

Le général a cru bon de vous laisser deux pelotons de T34/85, un peloton de semi-chenillés américains anti-aériens ainsi qu’un peloton de T-70 pour vous épauler lors de votre reconnaissance. Heureusement que j’ai de l’influence sur lui et j’ai pu l’empêcher de commettre cette erreur. J’estime que ces moyens ne sont pas adaptés à une mission de reconnaissance comme la votre, aussi lui ai-je demandé de tous vous les retirer pour les réaffecter à des secteurs du front qui en ont plus besoin. Vous en convenez, n’est-ce pas ?

Toutefois le général est têtu et c’est bien à contrecœur que je vous laisse notre peloton de vieux Valentine, un Stuart vétéran de la Crimée (le char, pas son équipage) et un véhicule AA qui ne vous servira de toute façon à rien vu la météo.

Si vous allez voir vous-même le général en lui expliquant que votre seule infanterie sera suffisante, je ne doute pas qu’il accédera à votre raisonnable requête. Je compte sur vous commandant !

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Char M3 Stuart, ici aux couleurs de la 7eme DB britannique.

 
 

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Char Valentine MkII livré à la Russie en 1942.

 

Ca continue ! Dans sa grande bonté, notre cher Colonel a eu la bonne idée de nous retirer notre soutien lourd pour le remplacer par de vieux tas de ferraille ! Contre mauvaise fortune bon cœur j’examine la carte pour constater qu’effectivement, mes troupes sont éparpillées aux quatre vents !

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Je décide donc de rallier tout mon petit monde sur l’ancienne tour de guet située sur une colline en me faisant le plus discret possible. Il est probable que nos mouvements aient alerté les troupes Hongroises des environs et je ne tiens pas à me retrouver nez à nez avec les vétérans de la 11e division d’infanterie !

 

Le Plan :

 

_Au sud, le Groupe Khomenko, composé de 3 groupes de combat et du Valentine IX du Sergent Kovpak contournera une forêt de sapins puis empruntera un gué pour ensuite se positionner à proximité de l’objectif.

 

_Le Valentine du Sergent Bolkvadze les rejoindra en contournant une petite colline

_Le groupe principal du Capitaine Bokov, composé des sections Konev et Adamov (3 groupes de combat chacune) , d’un fusil antichar de 14.5mm, du M17 du Caporal Starjkov , du Stuart du Sergent Tyagachev et du dernier Valentine suivra la route pour ensuite contourner les marécages et arriver sur l’objectif par l’est.

 

_Le matricule 004 se rendra au niveau de la rivière avec sa mitrailleuse moyenne Sg43 pour couvrir ensuite l’objectif.

 

_Au nord est, le groupe Kokoev-Kurochkin (6 groupes de combat) contournera à travers bois pour garantir qu’aucune unité ennemie ne tente de s’infiltrer par le nord.

 

_Au nord ouest, Le groupe du Capitaine Zhamnov (une section de reconnaissance, un sniper et une mitrailleuse moyenne Sg43) viendra couvrir le flanc gauche du dispositif.

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 Déploiement et plan de bataille.

 

Ordres de déplacement :

 

L’infanterie progressera en marche normale, avec ordre de stopper en cas de contact (dans le jeu : « au contact ») et les blindés ont ordre de progresser à allure réduite et de stopper pour engager l’ennemi (dans le jeu : « traquer »). Ces modes de déplacement permettent de ne pas courir en terrain découvert en cas de contact ennemi  (parfois cela évite de lourdes pertes), et pour les blindés, d’avoir de meilleures chances de coup au but.

 

Les ordres sont donnés, il est temps d’entrer dans la partie ! Bon séjour en Roumanie !

 

 

Chilia Veche, Roumanie, 4 août 1944, 06h45 :

 

Le Capitaine Bokov maudissait ce satané brouillard, ses éclaireurs s’étaient éparpillés durant la nuit et désormais il se retrouvait séparé de 4 de ses officiers et de leurs hommes !

 

L’humidité et le manque de visibilité rendaient les soldats nerveux et il avait dû renforcer la garde autour des « prisonniers » qui se battaient pour lui depuis maintenant de longs mois !

 

Bokov était un excellent officier, c’est ce qui lui avait valu ce commandement : sa compagnie de la Garde avait reçu pour mission d’encadrer le IVeme bataillon pénal et il s’acquittait de sa tâche du mieux qu’il le pouvait avec la 1ere compagnie de reconnaissance en traitant humainement ses hommes, mais en punissant le moindre écart de conduite par le peloton d’exécution. Certains d’entre-eux étaient même devenus des combattants redoutables.

 

Pour l’heure, il s’agissait d’appliquer les ordres de ralliement, et d’après sa carte, l’objectif se situais au sommet d’une petite colline à quelques centaines de mètres de là.

          

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Les restes de la tour de guet Turque.

 

Après une brève réunion entre officiers pour confirmer les ordres, les deux groupes formés se mirent en route dans le vrombissement des moteurs et le cliquettement des chenilles.

 
 

Premier contact :

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             Les hommes du Lieutenant Kokoev et de son ami Kurochkin  progressaient par bonds successifs, allant de bosquet en bosquet quand tout à coup, des bruits de moteur se firent entendre. Kokoev regarda rapidement sa carte pour constater qu’une route passait derrière le dernier bouquet d’arbres, quelle belle occasion de tendre une embuscade mais si les blindés étaient accompagnés, il faudrait redoubler de discretion !

C’est donc en rampant que les deux sections continuèrent leur lente mise en place, mais alors que tous leurs sens étaient en éveil, les soldats Russes furent surpris par de violents tirs ennemis.

 

06h47 :

 

            « 200,216 et 225, tireurs ennemis de l’autre côté de la rivière, feu à volonté » Hurla Kokoev en brandissant  sa PPSh .

 

Mais les tirs nourris des soldats Roumains avaient totalement surpris les hommes, et le Sergent 225 n’entendait pas se faire tuer dès sa première confrontation avec l’ennemi ! Après tout, il n’avait rien demandé à personne, lui, Nicolaï Sapinovitch ! Sa vie avait toujours été bien tranquille dans son village d’Ukraine avant que des soldats du NKVD ne viennent l’accuser d’être un dissident ! Tout ça parce qu’il n’avait pas empêché les Allemands de piller sa ferme !  Depuis, il avait été sujet à toutes les brimades possibles et imaginables et s’était toujours arrangé pour être loin des problèmes, mais la semaine précédente il avait été nommé sergent et affecté à une section d’assaut.

Pour l’heure, Nicolaï ne pensait qu’à une seule chose : survivre ; et c’est sans scrupules qu’il tourna les talons et commença à fuir, exhortant ses hommes à faire de même…

 

Lorsque Kokoev s’aperçu de cela, il tenta de retenir ses hommes. Se levant au mépris du danger, il fut fauché par une rafale, le laissant sans vie au pied d’un sapin.

 

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 Le Lt Kokoev succombe  pendant que ses hommes fuient

 

            Constatant avec impuissance la mort de son ami et la désertion des troupes, le Lieutenant Kurochkin donna immédiatement l’ordre de se replier dans le bois et tenta de se rendre au plus vite auprès des hommes démoralisés dans l’espoir de les rallier, sinon il devrait les abattre sur place !

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Kurochkin tente de rallier les hommes de son ami tombé au combat.

 

 06h47, secteur nord ouest :

 

            Les groupes de combat menés par le Capitaine Zhamnov avançaient d’un bloc, les hommes étaient concentrés sur chaque buisson, chaque obstacle pouvant abriter un ennemi potentiel… Mais seule la faune des marais se manifestait lorsque de lointains coups de feu se firent entendre. L’officier Russe fit signe à ses hommes de stopper puis chercha à identifier la direction exacte et le nature des détonations.

 

« -Ca a l’air de chauffer Lieutenant Gagen, nous devons rester prudents couvrez ma progression au travers du marécage droit devant, je passe avec 2 sections et le tireur d’élite !

_Karacho Gospodin Kapitan ! » souffla le jeune Lieutenant tout juste sorti d’école. Puis il ordonna au soldat 010 de mettre sa mitrailleuse SG43 en batterie et au Sergent 11 de se camoufler du mieux possible.

 

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 Couverture de sécurité pour la progression du Capitaine Zhamnov !

 

             A ce moment de la partie, 4 tours sont passés et  j’ai été surpris de la facilité avec laquelle mes troupes se sont faites déboutées par les tirs ennemis ! Si la même chose se produit à chaque fois que je vais tomber sur des troupes Roumaines je vais peiner à remporter la partie !

Mais  je décide malgré tout de m’en  tenir au plan du début, il reste au minimum 21 tours à jouer…

 

 

 

Prise de l’objectif :

 

06h52 :

 

            Après avoir traversé un premier gué, la colonne de véhicules progressait lentement vers le nord lorsque le Sergent Starikov, le chef de bord du halftrack antiaérien, cru voir une ombre massive à environs 180 mètres de sa position. Il était certain qu’un char ennemi avançait vers eux et ordonna immédiatement de faire marche arrière tout en faisant signe aux chefs de chars de regarder dans la direction de la menace.

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 A peine quelques secondes plus tard, le Stuart de Tyagachev et le Valentine de Gusev ouvraient le feu sur l’ennemi, le criblant de projectiles.

              A quelques centaines de mètres plus à l’est, l’infanterie du Lieutenant Khomenko traversait également la rivière sous le couvert des chars lorsqu’un de ses hommes fut fauché par une rafale de mitrailleuse. Aussitôt ils se plaquèrent au sol en essayant de ramper à l’abri.

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Traversée mouvementée.

 

06h53 :

 A l’opposé des combats, le Capitaine Zhamnov continuait sa progression, il avait maintenant atteint le petit bois qui lui servirait à couvrir l’objectif, et son tireur d’élite avait vue sur les ruines. Il ne lui restait que sa mitrailleuse lourde à mettre en batterie.

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Les bruits de fusillade venaient maintenant de presque toutes les directions, et le chant des canons s’était ajouté au crépitement des armes individuelles. Zhamnov espérait que l’ennemi n’était pas posté sur la colline, sinon ce serait du suicide de se rallier sur un guet-apens !

             Alors que les blindés russes avaient réussi à faire reculer le char ennemi, de l’infanterie fut repérée entrain de progresser sur la route et aussitôt les quatre mitrailleuses télécommandées du M17 firent pleuvoir un déluge de plomb sur les malheureux roumains !

 Les sections du Lieutenant Adamov avaient enfin traversé le marécage et étaient désormais à l’abri sous les sapins alors que le Lieutenant Konev pataugeait dans la boue et la vase avec ses hommes.

 

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Les marais sont un obstacle difficile à traverser.

             Pendant ce temps, le Capitaine Bokov avait réussi à traverser le cours d’eau grâce au tir de couverture des blindés légers, et il réorganisait ses sections pour la progression sur l’objectif situé non loin de là.

 

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Les chars couvrent la traversée de Bokov.

 

06h55 :

            Presque tout le monde était en place autour de la colline mais les troupes roumaines avaient été repérées dans presque toutes les directions et il était maintenant clair que les ruines étaient inoccupées. L’avance finale pouvait commencer…

 

A ce moment de la partie, je suis quasi-certain de réussir à prendre la tour mais la présence de troupes ennemies sur toute la carte m’inquiète un peu car je sais que l’expérience des Roumains est un atout majeur dans ce scénario .Il reste au minimum 15 tours et je n’ai pas envie que mes groupes de combat se retrouvent à effectif égal car je perdrais immanquablement l’affrontement. Je dois donc rassembler un maximum de troupes aux abords du drapeau pour pouvoir tenir le choc tout en couvrant les éventuels axes d’approche ennemis.

 

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Situation au tour 10.

 

06h57 :

            Lors des 2 dernières minutes la situation était devenue critique pour l’équipage du Valentine du Sergent Gusev. 3 chasseurs de chars roumains, des T            acam76 sans aucun doute, le prenaient maintenant pour cible et les impacts secouaient violement la caisse. Soudain, le blindage céda et le chef de char fut tué par un éclat. Le reste de l’équipage commença à évacuer pendant qu’à quelques mètres seulement, le Stuart faisait feu en reculant à l’abris.

 

            Mais la puissance des projectiles ennemis détruisirent machine et équipage avant que la manœuvre évasive n’ai pu aboutir…

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La guerre est terminée pour ces chars…

 

            Autour de la colline les combats avaient commencé entre les fantassins Russes et Roumains, et un feu croisé meurtrier clouait les soldats ennemis en terrain découvert…

                       

07h00 :

 

            Nicolaï Sapinovitch rampait dans la vase avec les 4 survivants de sa section. D’un rapide coup d’œil derrière son épaule il avisa le Lieutenant Kurochkin, mitraillette pointée droit sur son dos et regard menaçant. L’officier avait réussi à les rattraper dans les bois et il avait abattu un de ses hommes pour l’exemple. Une fois les troupes ralliées, Kurochkin avait ordonné que sa section ouvre la route à une manœuvre de contournement, et il avait prévenu : toute tentative de fuite se traduirait instantanément par la mort !Il fallait donc une fois de plus risquer sa vie pour la patrie, une patrie qui le traitait lui et ses camarades comme des parias.

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Sapinovitch ouvre la route sous la surveillance du Lieutenant.

 

Au tour 15 j’ai sécurisé l’objectif et la majorité de mes troupes assure une zone de suppression sur le chemin que doit emprunter mon adversaire. Ses blindés pilonnent au hasard dans les bois, cela m’indique qu’il ne connaît pas mes positions exactes mais les obus de 76 peuvent faire très mal à mes hommes. Je dois engager les Tacam avec les 2 chars qui me restent…Au nord, je tente un mouvement tournant pour essayer de surprendre Fencig, je progresse en parallèle à ses groupes de combat en essayant de me faire discret.

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Situation au tour 15.

 

07h04 :

             Rien n’allait plus pour le Capitaine Zhamnov, les obus pleuvaient sur ses positions et les hommes tombaient comme des mouches, certains avaient le regard fou et hurlaient à la mort, d’autres étaient recroquevillés au pied d’un arbre et les plus aguerris continuaient à faire feu sur l’ennemi. Il devait tenir, et il préfèrait continuer à combattre que de poursuivre les fuyards…

             Le sergent Kovpak essayait tant bien que mal de manœuvrer son Valentine sur cette pente boueuse mais il devait faire preuve de doigté pour ne pas s’embourber. Le reste de l’équipage restait vigilant, mais lorsque la charge creuse tirée par un soldat Roumain fit exploser l’intérieur de la tourelle, il n’eut même pas le temps de réaliser que sa dernière heure avait sonné…

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   L’infanterie Roumaine dispose de Panzerfaust.

 

07h06 :

            Sapinovitch était épuisé, il en avait assez de courir dans cette forêt, mais il était certain qu’à la moindre hésitation de sa part, il recevrait une rafale de Ppsh dans le dos, dès lors il continua sa progression en éclaireur, puis ayant atteint le repère convenu, il fit signe aux autres que la voie était libre…

 

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Le groupe est au complet, prêt à prendre l’ennemi à revers.

 

07h08 :

            L’ordre fut  donné par le Lieutenant, un tir de suppression déclenché sur les Tacam, les équipages ennemis à découvert allaient devoir s’abriter ou mourir ! Pendant ce temps, deux groupes de combat donneraientt l’assaut pour être à portée de grenade !

 

« Davaï davaï ! »Hurla l’officier, aussitôt l’enfer se déchaîna et les désignés coururent en direction des canons autoportés Roumains. Soudain, en plein terrain découvert, une mitrailleuse ouvrit le feu et faucha de nombreux hommes. Sapinovitch faisait bien entendu partie des désignés pour l’assaut et dès les premiers coups de feu il avait plongé à terre, creusant à même le sol à l’aide de ses mains nues dans l’espoir de s’abriter…

 

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Tentative ratée de la part de Sapinovitch.

 

Derniers instants décisifs :

            Au tour 22, Fencig lance une offensive sur plusieurs fronts, j’essaie de résister mais mes troupes ont une fâcheuse tendance à se sauver au moindre coup de feu ! Mon dernier blindé a perdu son chef de char et la mince couverture qu’il apporte à l’infanterie me semble dérisoire face aux Tacam76 déployés face à moi. Ma contre-attaque au nord à lamentablement échoué et l’étau se resserre inexorablement…

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07h11 ,ruines de la tour Turque:

 

Les soldats postés dans le bois aperçurent un binôme de fantassins ennemis courir vers le Valentine du sergent Bolkvadze. Ils ouvrirent aussitôt le feu et lancèrent des grenades mais dans un ultime effort, les Roumains tirèrent 2 charges creuses, formant des projections de métal en fusion qui balayèrent  l’intérieur du char, tuant l’équipage…

 A cet instant les combattant Russes, dont certains avaient réussi à survivre à de nombreuses batailles, surent que la bataille était perdue…

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Le culot et la chance font aussi partie du jeu.       

  

07h17 :

 Les combats faisaient maintenant rage dans les ruines de l’antique tour de guet, et les fusils avaient laissé la place aux pelles et aux poignards dans une folie meurtrière au cours laquelle chacun défendait sa vie sans se poser de questions idéologiques ou politiques…

 

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Le sergent Sapinovitch, matricule 225, venait de perdre la vie dans un assaut contre la mitrailleuse qui décimait ses camarades, « en définitive, ce n’est pas difficile d’être un héros, il suffit de mourir », pensa-t-il dans un dernier souffle.

 

Les derniers survivants de l’Armée Rouge étaient en pleine débandade, les officiers ne pouvaient plus rien contrôler et tout était désormais joué, la plupart de ces hommes verraient la fin de la guerre au travers de clôtures barbelées, et certains retrouveraient peut être un jour la Mère Patrie, mais ceci était une autre histoire…

 

Conclusion :

 

            Une bien belle partie qui se termine au 25eme tour malgré le paramètre de fin aléatoire.

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             L’objectif reste contesté mais j’ai subi trop de pertes pour pouvoir prétendre rivaliser avec mon sympathique adversaire. La qualité de ses troupes, allié à sa maîtrise du jeu lui ont permis de gérer sa bataille jusqu’à la fin alors que de mon côté j’ai parfois un peu trop précipité les choses, surtout avec mes blindés, mais c’est un défaut récurent chez moi…

             Le scénario est assez équilibré pour laisser une chance aux Russes, il suffit de ne pas s’éparpiller et d’optimiser au maximum les déplacements de blindés et je pense qu’il est possible de faire très mal aux Roumains tout en laissant le drapeau inaccessible.